08.11.2012 22:48

Metformine pour éviter une prise de poids sous antipsychotiques

Catégorie : Lecture
Auteur : Jack R Foucher
La Metformine est supérieure au régime + exercice pour réduire la prise de poids sous antipsychotiques

Proposé par Julien Elowe

Il existe plusieurs méta-analyses qui supportent l’intérêt de la metformine (Stagid, Glucophage) dans le contrôle de la prise de poids et du diabète chez les patients sous antipsychotiques.
L’étude de Wu et coll. montre que cette prescription est plus efficace qu’une intervention couplant éducation et intervention dans le domaine nutritionnel et sportif (life-style). Il a traité une population de premier épisodes ayant eu une augmentation de +10% de leur masse corporelle sous antipsychotiques (n = 128, OLZ, CLZ, RIS & SULP). L’étude était à 2 facteurs : metformine vs PLC, life-style vs rien (carré latin) et l’analyse était en intention de traiter. Bien que le couplage des deux est significativement plus efficace que la metformine seule (significatif sur le BMI et le tour de taille seulement), l’interaction est négative. Autrement dit il y a moins de gain à faire un régime et de l’exercice si on prend de la metformine que si on n’en prend pas (ou inversement).
La perte de poids est substantielle : -4.7 kg dans le groupe lifestyle + Metformin ! Et l’effet était assez rapide puisque significatif dès la 4ème semaine allant en s’amplifiant jusqu’à la fin de l’étude (12 semaines). Il n’y avait pas d’effets secondaires notables.

BMITour tailleResist. insuline
Lifestyle + Metformin-1.8 -2 cm-3.6
Metformin-1.2-1.3 cm-3.5
Lifestyle + PLC-0.5+0.1 cm-1
PLC+1.2+2.2cm+0.4

 

Les doses sont variables : 750 mg dans cette étude de Wu (étude chinoise), plutôt autour de 1500 mg dans les méta-analyses incluant des caucasiens, les diabétologue n’hésitant pas à monter à 2000 mg.
En aout de cette année, la même équipe a montré que la metformine permet une restauration des menstruations chez la femme, en lien avec une amélioration du bilan hormonal (sans doute en lien avec une réduction de la sécrétion d’hormones androgénique par la graisse).
La metformine est donc le premier traitement à proposé en cas de prise de poids sous antipsychotiques en raison de son meilleur rapport bénéfice / risque (et son plus faible cout) en comparaison aux alternatives (aripiprazol, tétrahydrolipstatine, topiramate... zonizamide pour ceux qui l’ont).

Wu et coll. Lifestyle intervention and metformin for treatment of antipsychotic-induced weight gain: a randomized controlled trial. JAMA. 2008;299:185-93.