Critères diagnostiques de la catatonie selon le DSM-5 (~F06.1, code spécifique à venir dans la CIM-11)

A. Le tableau clinique est dominé par au moins trois des symptômes suivants :

  1. Stupeur (c.à.d. absence d'activité psychomotrice; pas activement lié à l'environnement).
  2. Catalepsie (c.à.d. maintien contre la gravité de postures imposées par l'examinateur).
  3. Flexibilité cireuse (c.à.d. résistance légère et constante à la mobilisation passive).
  4. Mutisme (c.à.d. absence ou quasi-absence de réponse verbale, exclure si secondaire à une aphasie connue).
  5. Négativisme (c.à.d. opposition ou absence de réponse à des instructions ou à des stimuli extérieurs).
  6. Prise de posture (c.à.d. maintien actif, contre la gravité, d'une posture adoptée spontanément).
  7. Maniérisme (c.à.d., caricature d'actions ordinaires empreinte de bizarrerie, de solennité).
  8. Stéréotypie (c.à.d., mouvements non dirigés vers un but, répétitifs et anormalement fréquents).
  9. Agitation, non influencée par des stimuli externes.
  10. Expression faciale grimaçante.
  11. Écholalie (c.à.d., répétition des paroles d'un autre).
  12. Échopraxie (c.à.d., reproduction des mouvements d'un autre).

B. La catatonie est

  • Soit un spécificateur d'un autre trouble mental (trouble du spectre schizophrénique, bipolaire ou dépressif).
  • Soit un diagnostic associé en cas de trouble organique.

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La catatonie sans précision

Cette catégorie s'applique aux présentations dont les symptômes caractéristiques de la catatonie entraînent une souffrance cliniquement significative ou une altération des relations interpersonnelles, de l'activité professionnelle ou d'autres domaines importants du fonctionnement, mais :

  • Soit la nature de la maladie mentale sous-jacente ou de l'autre affection médicale n'est pas claire,
  • Soit les critères complets pour la catatonie ne sont pas réunis,
  • Soit l'information est insuffisante pour poser un diagnostic plus précis (p. ex, dans le contexte de l'urgence).

A noter que la codification CIM-10 proposée est alors F06.1 pour ... catatonie organique !

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Changements par rapport au DSM-IVR

Dans le DSM-V, les mêmes critères sont utilisés pour diagnostiquer la catatonie, qu'elle survienne dans le cadre d'un trouble psychotique, bipolaire, dépressif ou d'une autre cause organique. Dans le DSM-IV, deux des cinq groupes de symptômes étaient nécessaires si le cadre était un trouble psychotique ou de l'humeur, alors qu'un seul groupe de symptômes était nécessaire dans le cadre d'une affection médicale générale. Dans le DSM-V, 3 symptômes catatoniques sur 12 symptômes caractéristiques sont requis, quel que soit le cadre. S'il n'y a pas de changement concernant les symptômes utilisés, ils ne sont plus regroupés, mais indépendants ce qui facilite l'utilisation de ces critères. A noter toutefois la séparation de la flexibilité cireuse de la catalepsie à laquelle elle est pourtant classiquement intégrée. C'est à notre sens une bonne idée, mais il faut reconnaître que cette forme de résistance à la mobilisation passive est difficile à distinguer d'une raideur extra-pyramidale lorsque celle-ci ne cède pas par à-coup. Il y a là un risque important de faux positifs.

Enfin, même si la catatonie est un spécificateur, elle a un code propre (F06.1, en attendant la CIM-11), en plus de celui du trouble mental ou organique associé. C'est un pas de plus vers l'autonomisation, sans y être déjà toutefois.

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