La cataphasie

"Classification des psychoses endogènes"
Karl Leonhard
Traduction en cours

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05/05/2020

Résumé

 

La cataphasie se manifeste sous deux formes, l’une excitée et l’autre inhibée. Les phases excitées sont caractérisées par une logorrhée sans pression de parole, avec un certain degré de confusion, pouvant aller jusqu’à devenir inintelligible dans les cas sévères. Le comportement des patients reste généralement cohérent avec un niveau d’activité préservé, alors que l’affect est émoussé. Dans les phases inhibées, la cataphasie se caractérise par une pauvreté du discours pouvant aller jusqu’au mutisme dans les formes sévères. Le symptôme central de la cataphasie est un trouble de la pensée, qui présente une certaine parenté avec celui de la psychose confusionnelle. Cependant cela va bien au-delà d’une simple incohérence dans la forme excitée, et bien au-delà d’une simple inhibition de la pensée dans la forme inhibée. Dans la cataphasie excitée, on retrouve des troubles sévères de la logique que vient renforcer encore le trouble du langage fait de paraphasies sémantiques, de néologismes et des inexactitudes dans l’organisation grammaticale. Dans la forme inhibée, on remarque aussi des erreurs de logique, mais le symptôme principal est une inhibition de la pensée pouvant mener à un état de perplexité comme dans la psychose confusionnelle. Cependant, cet état s’accompagne d’un émoussement de la vie intérieure qui donne à l’expression du visage un air hébété. En outre, les patients ont tendance à fixer des yeux la personne qui leur pose des questions plutôt que de lui répondre. Alors que la cataphasie excitée s’accompagne fréquemment de confabulations, ce sont les idées de référence qui sont majoritairement observées dans la phase inhibée. À côté des formes canoniques que représentent les formes excitées et inhibées, certains patients présentent un trouble isolé de la pensée et du langage sans excès ni sans insuffisance de l’expression verbale, c’est-à-dire qu’ils ne présentent que la symptomatologie déficitaire qui est le cœur du phénotype.

À l’instar de ce que nous avons vu dans la paraphrénie affective, les patients souffrant de cataphasie peuvent aussi présenter des traits appartenant à d’autres schizophrénies non systématisées ou aux psychoses cycloïdes. La cataphasie s’accompagne très fréquemment de troubles émotionnels dans le sens d’une anxiété ou d’une extase. Enfin, le cours évolutif de la cataphasie peut être progressif et insidieux, mais les formes rémittentes-progressives sont les plus fréquentes, pouvant prendre un aspect pseudo-périodique.

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