La catatonie périodique

"Classification des psychoses endogènes"
Karl Leonhard
Traduction en cours

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Résumé

Le cours évolutif de la catatonie périodique comprend des phases hyperkinétiques et akinétiques. Cependant, celles-ci sont rarement pures et l’on observe beaucoup plus souvent un mélange entre des symptômes issus de l’un et l’autre pôle. L’hyperkinésie présente une certaine rigidité de par l’adjonction de traits akinétiques. Le déroulement des mouvements semble raide et heurté, faisant perdre à la gestuelle sa fluidité naturelle. En raison de leur déformation, les mouvements perdent le sens ou la finalité qui les sous-tendait à l’origine. Les mouvements réactifs ne sont plus reconnus comme tels, mais plus encore ce sont les mouvements expressifs qui perdent leur signification. Il n’est plus possible d’attribuer d’intention ou de sens à la gestuelle et les expressions faciales se transforment en grimaces. C’est en cela que les mouvements perdent de leur naturel, donnant à l’excitation de la catatonie périodique son caractère parakinétique. Mais l’influence de la polarité opposée est encore plus facile à voir lors d’une phase principalement akinétique. En dépit d’une rigidité générale de la posture et de l’expression faciale, le mouvement d’une extrémité peut survenir, sans but, généralement uniforme, stéréotypé voir itératif. Le maintien de postures bizarres s’explique de la même façon, car si elles sont bien conservées en raison de l’appauvrissement de la motricité, elles sont activement adoptées par excès de motricité, parfois de façon quasi stéréotypée. Une autre forme que peut prendre cet enchevêtrement de traits hyperkinétiques avec une base autrement akinétique est la survenue d’actions impulsives, dont la tonalité est souvent agressive, sur fond d’inhibition psychomotrice. De plus, certains patients, apathiques par ailleurs, peuvent soudainement partir dans un éclat de rire très exagéré. Un comportement négativiste actif peut aussi être la marque d’un regain de motricité sur fond d’akinésie.

Les phases aiguës sont en règle générale suivies de rémissions. Les épisodes hyperkinétiques sont même de relativement bon pronostic, puisque la symptomatologie résiduelle peut ne consister qu’en un déficit relativement léger même après plusieurs accès. En revanche, les phases akinétiques laissent plus facilement un état déficitaire résiduel derrière elles. Si le déficit n’est que modéré, il est caractérisé par un manque d’énergie, une atonie essentiellement psychomotrice, touchant également l’affect. Dans les formes les plus sévères, l’apathie peut aller jusqu’à un état d’abrutissement ou de démentification. Dans tous les cas cela peut s’accompagner d’une certaine irritabilité pouvant facilement conduire à des passages à l’acte agressifs. Même dans des formes résiduelles évoluées de la pathologie, on retrouve systématiquement ce mélange entre les deux polarités. À côté de l’aboulie, il peut exister des mimiques grimaçantes, une impulsivité motrice, mais aussi verbale. Cette dernière est généralement prise pour des réponses à côté.

Les formes modérées de catatonie périodique peuvent, pendant un temps, mimer un tableau clinique de psychose motrice. Mais elles peuvent aussi prendre l’aspect des autres psychoses phasiques polymorphes, voire des deux autres schizophrénies non systématisées.

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